La norme SIA 342 « Protection des baies contre le soleil et les intempéries » encadre la résistance au vent des volets roulants, volets battants, stores bannes et stores à lamelles. Un chiffre de classe apparaît sur presque chaque fiche produit — voici ce qu'il signifie vraiment.
Ce chiffre est le seul endroit du devis qui parle de vent. Tout le reste parle de couleur, de largeur et de moteur. Et dans la plaine de la Broye, le vent est justement ce qui use le matériel le plus vite. Un quart d'heure de lecture aujourd'hui vous évite un tablier tordu dans trois ans.
Les classes, de 0 à 6
Chaque classe correspond à une vitesse de vent maximale supportée : classe 0 pour moins de 32,5 km/h, classe 1 à 32,5 km/h, classe 2 à 38,5 km/h, classe 3 à 46 km/h, classe 4 à 60 km/h, classe 5 à 76 km/h, et classe 6 à 92 km/h. Les volets roulants et volets battants peuvent atteindre l'ensemble de ces classes (0 à 6), tandis que les stores bannes et stores en toile sont limités aux classes 0 à 3, la nature du matériau (toile) rendant les classes supérieures impraticables.
Le volet roulant monte plus haut que la toile
Un volet roulant est un rideau de lames rigides qui coulisse dans deux rails. Quand le vent pousse, les lames s'appuient sur les rails. La force part dans le mur. C'est pour ça qu'un volet roulant peut viser les classes hautes, jusqu'à 6.
Un store de terrasse, lui, est une toile tendue entre deux bras. Il n'y a pas de rail, pas de mur pour reprendre l'effort. Le vent s'engouffre dessous et soulève l'ensemble comme une voile. Aucune qualité de fabrication ne change cette limite physique : les stores en toile plafonnent à la classe 3.
La conséquence est simple. Sur une façade exposée, un volet roulant vous protège du vent. Un store de terrasse, lui, doit être remonté quand le vent se lève. Ce ne sont pas deux produits concurrents, ce sont deux produits qui ne font pas le même travail.
Comment la classe est déterminée
Le test se fait sur un échantillon aux dimensions standardisées de 2 mètres sur 2,5 mètres, en tenant compte de la catégorie du terrain et de la hauteur de pose du produit — un volet posé en étage élevé ou en zone dégagée est exposé à des contraintes différentes qu'au rez-de-chaussée d'un bâtiment abrité.
La bise, et ce qu'elle fait aux façades de la plaine
La bise est un vent du nord-est. Elle descend le long du lac de Neuchâtel et entre dans la plaine de la Broye sans rien pour la freiner. Entre Cudrefin et Payerne, il n'y a ni relief marqué, ni rangée d'immeubles. Les champs laissent passer.
Le résultat se voit à l'œil. Sur une ferme isolée du côté de Grandcour, la façade nord-est se salit plus vite, les joints sèchent plus tôt, et c'est toujours le volet de ce côté-là qui commence à claquer. Dans un lotissement de Payerne serré entre deux rangées de maisons, le même volet tiendra dix ans de plus.
Deux maisons à cinq kilomètres l'une de l'autre n'ont donc pas besoin de la même classe. Ce n'est pas une question de budget. C'est une question d'orientation et de ce qu'il y a devant.
Dans la plaine ouverte de la Broye, où le vent circule sans grand obstacle naturel, viser une classe supérieure à celle strictement minimale a souvent du sens — même sans viser Minergie.
Quelle classe viser, façade par façade
Il n'existe pas de classe « bonne partout ». On regarde chaque façade séparément, et surtout ce qu'il y a devant elle sur cinquante mètres.
- Façade nord-est dégagée, avec des champs ou le lac en face : c'est la face qui prend la bise. On vise haut, et on ne fait pas d'économie sur les rails.
- Façade abritée par une grange, un mur ou une haie mûre : la contrainte tombe nettement. Une classe intermédiaire suffit souvent.
- Pignon d'un bâtiment isolé, sans voisin : le vent tourne autour et tire sur les bords. C'est le cas le plus exigeant, plus qu'une grande façade plate.
- Étage sous toiture : plus on monte, plus le vent est fort. La même fenêtre au rez et au deuxième étage ne demande pas la même classe.
- Cour intérieure ou balcon encaissé : le vent y entre peu, mais il y tourbillonne. Attention aux stores en toile, qui n'aiment pas les rafales par en dessous.
Le lien avec le label Minergie « Protection solaire »
Depuis mars 2024, ce module Minergie spécifique exige une classe de résistance au vent d'au moins 5 selon la norme SIA 342 pour les projets visant cette certification. C'est une exigence à intégrer dès le choix du produit, pas à découvrir après coup lors de la demande de certification.
Les trois questions à poser avant de signer
Un devis sérieux répond à ces trois questions sans qu'on insiste. Un devis vague sur ces points mérite un deuxième avis.
- Quelle classe SIA 342 pour ce produit, dans cette dimension ? La classe baisse quand le volet s'élargit. Une classe annoncée sur un petit modèle ne vaut pas pour une baie de trois mètres.
- La classe tient-elle avec la fixation prévue chez moi ? Sur une ancienne ferme, le mur ne reprend pas les efforts comme un béton neuf. Le poseur doit le dire avant, pas après.
- Que se passe-t-il au-delà du seuil ? Un capteur de vent, une consigne de remontée, une garantie : ces trois réponses ne coûtent rien à poser sur le papier.
Sur une rénovation, il arrive que la bonne réponse soit de changer le type de protection plutôt que de monter en classe. Le poseur qui vous le dit vous fait gagner de l'argent.
Vent fort, grêle, dégât : à qui s'adresser
Dans le canton de Vaud, l'ECA assure les bâtiments contre les dommages dus aux éléments naturels. Dans le canton de Fribourg, c'est l'ECAB. La Broye étant à cheval sur les deux, votre voisin d'en face peut dépendre d'un autre établissement que vous.
Les conditions exactes de prise en charge dépendent du cas et de votre police : on les vérifie avec vous plutôt que de vous les annoncer à l'avance. En revanche, un point est constant : gardez les photos du dégât et la fiche technique du produit posé. C'est le document qui prouve quelle classe avait été installée.
Vous voulez connaître la classe adaptée à votre exposition précise ?
Questions fréquentes
Que signifient les classes de résistance au vent 0 à 6 de la norme SIA 342 ?
Chaque classe correspond à une vitesse de vent maximale que le produit doit supporter : classe 0 (moins de 32,5 km/h), classe 1 (32,5 km/h), classe 2 (38,5 km/h), classe 3 (46 km/h), classe 4 (60 km/h), classe 5 (76 km/h), classe 6 (92 km/h).
Quelle classe est exigée pour le label Minergie « Protection solaire » ?
Depuis mars 2024, ce module Minergie exige une classe de résistance au vent d'au moins 5 selon la norme SIA 342 pour les projets visant cette certification.
Comment cette classe est-elle testée ?
La classe de résistance au vent est déterminée sur un échantillon aux dimensions standardisées de 2 m sur 2,5 m, selon des critères qui tiennent compte de la catégorie du terrain et de la hauteur de pose.
Pourquoi un store de terrasse ne dépasse-t-il pas la classe 3 ?
Un store en toile n'a pas de rail latéral pour transmettre l'effort au mur : le vent s'engouffre sous la toile et la soulève comme une voile. Cette limite est physique et ne dépend pas de la qualité de fabrication. Un volet roulant, dont les lames coulissent dans deux rails, peut viser les classes hautes jusqu'à 6.
La classe annoncée vaut-elle pour toutes les largeurs ?
Non. La classe baisse quand le volet s'élargit : une classe obtenue sur un modèle de dimension courante ne vaut pas telle quelle pour une grande baie. Il faut demander la classe pour la dimension exacte prévue chez vous, et vérifier que la fixation au mur suit.
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